Pentecôte : le contraire de la Tour de Babel

Le texte des Actes des Apôtres est plein d’allusions à l’Ancien Testament. C’est une sorte de réponse à la tour de Babel. Rappelez-vous ce mythe biblique : les hommes parlaient tous la même langue, mais leur orgueil leur inspira de construire une tour si haute qu’ils atteindraient Dieu (Genèse, chapitre 11). À partir de là, c’est la division ; ils ne se comprennent plus.

Après la Pentecôte au contraire, tous les peuples entendent la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité dans leur propre langue. Le Concile Vatican II a bien compris ce message, en permettant à tous les peuples de célébrer dans leur propre langue et selon leur propre culture. L’unité, ce n’est pas l’uniformité. Avant le concile, on ne comprenait rien à la messe qui était célébrée en latin, langue morte. Maintenant, la liturgie est célébrée dans des centaines de langues, dans des centaines de cultures. Ici, on joue de l’orgue, ailleurs on joue du tam-tam, de la kora, du biniou, de la guitare, de l’accordéon, etc. On a même introduit la danse dans certains peuples, ce qui n’est pas nouveau car le roi David a dansé autour de l’arche quand elle est entrée à Jérusalem (chapitre 6 du deuxième livre de Samuel).

Nous autres spiritains, qui travaillons dans 57 pays, nous côtoyons des peuples divers sur les cinq continents. Notre expérience nous montre qu’il n’y a pas de langue ou de culture supérieure. Il y a seulement des langues dominantes et des langues dominées. Malheureusement, certaines personnes qui parlent des langues minoritaires dominées développent des complexes d’infériorité. Il faut combattre ces préjugés, car, au regard de Dieu, aucun peuple n’est supérieur à un autre. 

Père Jean-Yves Urfié

Albrecht Altdorfer (1480-1538) - Crucifixion

La Tour de Babel, peinture de Bruegel