Le Père Jean-Yves Urfié est un missionnaire de la Congrégation du Saint-Esprit. Il partage ici ses souvenirs, ses réflexions et ses opinions personnelles

Nous assistons depuis quelque temps à une poussée de l’extrême-droite aux Etats-Unis et en Europe. Ce courant est surtout lié à la crise économique provoquée par l’immoralité des traders et des banquiers qui sont responsables du système des sub-primes. Au lieu d’analyser les racines profondes de la crise, on préfère recourir aux idées reçues :

  • L’immigré est responsable du chômage. Faux : les emplois des immigrés sont rarement en concurrence avec ceux des citoyens de pays riches.

  • L’immigré est violent. Faux : le taux de criminalité est moins élevé chez eux, mais certains journaux publient en première page les crimes commis par les immigrés, et relèguent aux pages intérieures les crimes commis par les autochtones.

  • L’immigré coûte cher en frais sociaux, tels que les allocations familiales et les soins de santé. Faux : en réalité, il rapporte puisqu’il paie des impôts et fait baisser la moyenne d’âge.

Mais les idées reçues ont la vie dure. Cependant, il est important de s’informer et de lutter contre ces idées, non seulement parce qu’elles sont fausses, mais aussi parce qu’elles sont opposées à l’enseignement de la Bible, qu’il s’agisse de l’Ancien comme du Nouveau Testament. En voici quelques exemples :

Dans l’Ancien Testament, le respect et l’aide apportée à l'étranger, la veuve et l'orphelin sont des piliers de la Loi. On souligne qu’il faut sauvegarder la liberté de l'étranger: «Tu n'exploiteras ni n'opprimeras l'émigré, car vous avez été des émigrés au pays d’Egypte» (Ex 22, 20). «La justice sera la même pour l'émigré et l’indigène, car c’est moi, le Seigneur, qui suis votre Dieu.» (Lev 2, 22). Il faut même l’aimer : «Vous aimerez l'étranger comme vous-mêmes» (Lev 19, 34)! Et, surtout, le célèbre verset : «Souviens-toi que tu es toi-même émigré.» (Ex 22, 20) ou bien : « Mon père était un Araméen » (Dt 26, 5).

Dans le Nouveau Testament, au chapitre 25 de l’évangile de Matthieu, le Christ dit aux élus du jugement dernier : (…) j'étais étranger et vous m'avez recueilli ;  j'étais nu et vous m'avez vêtu ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir. » Alors les justes lui répondront : Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ? ou nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous venus te voir ? » Et le roi leur répondra : « Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela pour l'un de ces plus petits, l'un de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »

À cela, il faut ajouter l’enseignement des papes, et plus particulièrement le Pape François, qui dit qu’il vaut mieux bâtir des ponts que des murs entre les peuples, allusion à peine voilée au projet de Donald Trump d’ériger un mur entre le Mexique et les U.S.A.

Les chrétiens doivent donc réagir devant ces partis d’extrême-droite qui essaient de les faire voter pour eux, en utilisant la peur de l’étranger, pris comme bouc émissaire. Aux yeux de Dieu, tout homme, toute femme est image de Dieu, spécialement ceux qui souffrent. A la lumière de la Bible, il me semble impossible pour un chrétien de voter pour l’extrême-droite dont le fonds de commerce est la peur et la haine de l’étranger.

La Bible et les immigrés

Immigrés au marché de Molenbeck (Belgique)

Photo : Michel Protain, Pentecôte sur le Monde